Page 3 : Le récit de ma course Paris/ Versailles 2008

 Au milieu de la photo, la fille en noir devant le tee shirt bleu, C'EST MOI !!!
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Cette grande aventure a réellement commencé pour moi la veille je dirai (au retrait du dossard) lorsque je suis arrivée sur Paris et que j’ai vu Madame EIFFEL . Toutes les photos que j’avais vues sur cette course me revenaient à l’esprit et se mêlaient en moi à la fois de l’angoisse et de l’excitation.

Ma soirée, je suis restée le plus détendue possible, j’avais tout préparé et m’étais assurée ne rien oublier . Au niveau du repas, des pâtes des pâtes, encore des pâtes au blé complet. Heureusement que j'adore.

Après une nuit agitée, je me lève à 5 heures pour prendre mon petit déj. Je me suis ensuite recouchée et attendu calmement 6H30 pour le lever et m’habiller. J’allais enfin enfiler les vêtements que j’avais préparé avec soins, pourtant ils n’étaient pas neufs, c’est ceux que j’ai l’habitude de porter. Cette sensation était de celles que j’avais je jour de la entrée des classes.

Arrivée Trocadéro à 8H45, oh ! ils sont déjà là. Matin frisquet, on enfile les ponchos et on se met dans la file de départ qui doit déjà bien faire une centaine de mètres. Je suis glacée, c’est certainement nerveux vu l’état du ventre, j’avais pourtant pris mes précautions. On piétine sur place, il n’y a que ça à faire. L’heure tourne, je commence à voir des vols de ponchos, moi je me gèle encore. Cà y est, les premiers départs sont donnés aux champions, nous on est toujours parqués comme des moutons. La foule s’avance, une première ligne de 300 participants s’envole, une deuxième, une troisième… j’enlève enfin mon poncho je ne devrai pas tarder à me réchauffer maintenant. Et c’est parti, c’est à nous.

Là oui, on se sent poussé, je me suis souvenu des conseils, résister, donc je garde mon rythme, du moins je crois, je jette vite un œil à mon cardio, oui, ça palpite dur, il ne faut plus que je le regarde, je me sens bien, pour moi c’est simplement dû au stress du départ et de l’inconnu alors, je continue sur ma lancée, ça va se réguler tout seul.

J’ai avec moi des raisins secs et ma petite bouteille d’eau dans laquelle que j’avais mis un demi citron pressé, 2 carrés de sucre et une bonne pincée de sel.

Je mène mon petit bonhomme de chemin.

Je vois le panneau des 4kms d'afficher, je calcule et me dis que c'est bien, si je tiens le rythme, 4kms en 20mn, ça devrait le faire, 4 fois comme ça et le tour est joué, quoi que, c’est vrai, il y a cette fameuse côte des gardes, il paraît qu’elle casse. Je commence à m’hydrater par toute petite gorgée pour ne pas avoir de surprise.

Tient c’est elle, le la voit, elle est là la côte des gardes, elle est balaise la bourrique J’avais fait le parcours en voiture pour me faire une idée, et je confirme, c’était même une fausse idée, rien à voir avec ce que j’ai devant moi ; du calme, pas de panique, c’est le plus dur, une fois que je l’aurai passé je serai tranquille. Je laisse mon copain partir, on se retrouvera à l’arrivée. Je réduits mes foulées, je pense à bien souffler, à monter les poings vers les épaules et me pencher légèrement en avant. Aucune panique, je baigne toujours dans le bonheur. Je regarde mes puls, je suis à 185 et tranquille. J’arrive en haut et me dit que c’est pas la peine d’en faire un plat. Des spectateurs sympas sont là pour nous encourager ;

Je ne me souviens plus exactement de tous ces kilomètres, à vrai dire j’en ai pas vraiment tenu compte. Tout ce passe toujours bien, je coule. Il y a des descentes que je maîtrise super bien, c’est l’occasion pour moi de faire des grandes enjambées, une vraie récompense. On a encore eu une côte difficile aussi, certains disaient que c’était la côte du cimetière et qu’elle était raide elle aussi. Et je vais tourjours bien. c’est le principal, je vois le panneau du 12ème kilomètre. C’est trop fort, je pète la forme, plus que 4 j'avais passé mon temps à 1h13, je continue à m'encourager dans ma petite tête en me disant, aller 4 bornes, c'est cool, je m'évalues la distance de chez moi à rapport au petit village d'à côté, et top, je n'en crois pas mes yeux, je vais faire 1H30. Une descente, je me lâche ce n’est plus la peine que je m’embête avec ma bouteille et mes raisins, je balance tout, la vie est belle.

Et je ne sais plus exactement où ça m’a prit mais je vois au loin en haut des coureurs qui me précède, je me dis tiens, une troisième côte ! c’est quoi celle là ? je recommence comme précédemment, calme toi, souffle bien, monte les poings etc etc… Deux gars me passe et un des deux dit à l’autre, « oh les salauds, ils nous l’ont bien caché celle- là ». Le fameux faux plat, mes fesses d'un faux plat, moi qui n'est pas l'habitude des côtes, j'en ai bavé à mort. Celle là, elle était de trop. Je piétine, sinon je ne vais pas finir, j’aurai pas dû virer mes réserves. Je galère, j’ai mal de chaque côté des tibias, je me sent lourde, (bon je sais, j’ai encore du poids à perdre, j’ai tendance à faire un peu yoyo,avec l’arrêt du tabac et maintenant les hormones qui s’y mettent,il faut le temps d’ajuster tout ça )

Tiens, je crois reconnaître au loin, oui, j’y suis, j’y arrive. Je prends le virage, je vois une grosse bouée noire, c'est bon, je mets le peu de turbine qui me reste, (il faut que je regarde ma FCM !) que je n’ai pas pris d’ailleurs et plus je m'approche, je vois que les gens continuent à courir. Un femme à côté de moi dit à une autre, mais c'est où la ligne et de lui répondre, c’est le dernier. Oh c’est pas vrai, je vais finir à quatre pattes, je reprends les jambes à mon cou. Malheur, j'avais tout donné et il fallait se taper encore 1km.

Je me disais, allez, avance, tu vas pas t'arrêter là ? J’ai vu les barrières, j’étais déjà heureuse. J’ai passé la ligne en larmes, submergée d’émotion.

Un passage, on me remet une médaille, un autre on félicite et ils cochent le brassard, un autre ils pointent les marques de nos pompes, un autre on me donne un sac plastique avec une pomme, une bouteille d’eau et 3 barres de céréales.

Il y a des stands, du monde partout. On est convié à faire nos étirements. On se met sur le bitume. Quel bonheur !
Ce fut pour moi ma première « grande course » disons mon 1er grand objectif. C’est un défit que j’ai relevé. Je m’en suis déjà fixé un autre.

C'était trop beau, c'était trop bien.