Page 13 : Semi Marathon de Paris 2010

Levée à 5h. la première chose que je regarde c’est la température extérieure ; moins 5 en bordure de fenêtre, je me demande toujours si je fais bien de mettre la tenue demi- saison (collant fin et manches longues °pour le haut) j’ai peur d’avoir un peu chaud avec la tenue d’hiver, vu qu’à Paris, il fait moins froid quand pleine campagne. Avant de partir, je prends quand même mes gants, ça prend pas de place et ça peut servir. Petit déjeuner un peu plus copieux que d’habitude mais sans charger.
Départ comme convenu à 7h00 , nous sommes sur place à 8H15, l’avantage, c’est qu’il est facile de se garer. Je pointe mon nez dehors, même dans le bois de Vincennes, les températures sont polaires.
On reste au chaud le plus longtemps possible. A 9 heures, nous nous dirigeons vers le point de rencontre. C’est déjà la fête sur place, ça y est, je suis excitée.
Personne de la Team que je connaisse physiquement n’est là. Quelques personnes isolées ont l’air d’attendre, je vais leur demander si elles sont de chez nous, non.
Les gens sont glacés. Un coureur tremblait tellement qu’il ne pouvait pas lacer les chaussures, c’est un de ses amis qui l’a aidé, ça faisait peine à voir.
Puis je reconnais quelques membres, nous faisons les présentations du reste de l’équipe. Nous sommes tous frigorifiés, le soleil a commencé à chauffer mais le vent qui souffle en rafales nous tétanise. Nous faisons la photo de groupe et partons nous engouffrer dans nos sas pour pouvoir profiter d’un semblant de chaleur humaine. On piétine, on sautille. J’ai les orteils congelés, j’ai l’impression qu’ils vont se briser quand je me mettrai à courir. On tremble de tous nos membres.
Enfin le départ est donné et on s’avance lentement. Je ne me laisse pas emballer, je suis super bien. Je regarde mon cardio au bout de quelques centaines de mètres, il délire ; certainement un problème d’interférences. Je vois machinalement le km 1 que je franchi en 7mn, puis le 2ème en 14mn. Tiens j’ai pris un rythme constant qui me convient je vais donc m’efforcer de le garder et contrôlerais tous les kms. Je ne ses vraiment bien et coures à des puls à 89%.
Je ne touche pas aux ravitaillements, j’ai à chaque fois eu des surprises. J’avais sur moi ma boisson préconisée (eau avec le jus d’une orange pressée, sucre et sel) et prévu un abricot sec à prendre à chaque demi heure. Et bien côté digestion je n’ai vraiment eu aucun problème ;
Le km 5 en 34’ 46, le km 10 en 1.11’07 ;
Un peu avant le km 12, les secours assistent une jeune femme. Je passe malheureusement près d’elle, elle a les yeux grands ouverts, vides. Plus tard, j’apprendrai que les secours lui branchaient un défibrillateur. Depuis, cette scène me revient souvent à l’esprit.
Un peu plus haut, une autre jeune femme est également assistée, mais je suis plus rassurée, elle est assise au sol et tient une conversation avec les secouristes.

Même si tout va bien pour moi, je continues à m’économiser car j’ai toujours des surprises arrivée vers le km 15 . que je passe en 1.51,57.
J’avais prévu avec mon mari de le prévenir à ce niveau, il était reparti à la voiture pour se mettre au chaud.

J’avais apporté des sachets de gel que je ne prenais plus en me disant qu’ils pourraient dépanner quelqu’un en course, je ne sais pas si j’ai bien fait, en tout cas, j’ai pu en faire profiter quelqu’un qui n’était pas bien et qui en a bien voulu. Si ça se trouve, elle était plus mal après qu’avant.

Puis, mes ennuis arrivent, pour une fois que la digestion se passait bien, il fallait bien qu’il me tombe encore une crasse. Quand est que je pourrai finir fraîche ?

Les jambes ont commencées à tirailler et des crampes se manifestaient sur la totalité des jambes. J’avais l’impression de courir avec des électrodes, c’était horrible. Mais lorsque je marchais, c’était pire, mes jambes partaient dans tous les sens, j’ai pu au bout d’un moment trouver une manière différente de courir qui me faisait moins mal mais je ne pouvais pas garder cette technique plus d’une cinquantaine de mètres.

Vers le kms 18, un grand gars m’a rattrapée ; on se marrait bien tous les deux. Je reprenais régulièrement ma nouvelle technique de course et dès que je remarchais, il arrivait derrière moi en se marrant. Il faisait des sacrées enjambées tout en marchant. On se tapait la pose ensemble et affichions un grand sourire aux photographes, lui avait gardé son verre de boisson chimique qui avait été offert au dernier ravitaillement et trinquait avec les photographes.

Nous sommes arrivés à hauteur de mon mari, je lui ai dis : allez venez, il y a mon homme, nous allons faire la photo ensemble. Je lui ai pris la main, et m’a dit « bon si vous insistez, mais j’enlève mon bonnet pour être plus beau ».
J’ai été faire un bibi à mon homme puis suis repartie avec mon « cavalier » . Nous avons passé ensemble la ligne,(2.42’02 pour moi.) le retrait des puces, remise médaille, banane, eau et l’ai salué.
J’ai repris le chemin en sens inverse pour retrouver mon mari, j’étais frigorifiée, mes jambes continuaient à ne pas répondre, je voulais avancer ; elles reculaient.

Points positifs de cette belle SL :
- J’ai fait la rencontre de nouveaux membres
- La distance ne me fait plus peur, je dirai même que je l’aime, et vais en faire plus souvent.
- Je sais maintenant gérer mon alimentation et hydratation pendant un si long effort
- Ne suis pas fatiguée.

Points négatifs :
- Le froid polaire
- Les crampes.

Vivement le prochain.